Escalier

De Cinémancie
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Le Visiteur, plan 4.  L'enfant et le surveillant, (curieusement), descendent un escalier, ce qui peut paraître paradoxal, car, il y a un instant, l'Enfant avait la tête plongée dans un « puits » d'eau. Nous descendons donc, ou nous contournons le puits d'eau.
Le Visiteur, plan 4. L'enfant et le surveillant, (curieusement), descendent un escalier, ce qui peut paraître paradoxal, car, il y a un instant, l'Enfant avait la tête plongée dans un « puits » d'eau. Nous descendons donc, ou nous contournons le puits d'eau.

Titres des films

Mode d'emploi de la figure (mot) et abréviations


Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée (min.)
Escalier (L')
§. Deux hommes qui vivent en couple mais se supportent de moins en moins, subissent un quotidien douloureux, fait de scènes de ménages incessantes. (Pitch du film.)
Staircase Donen Stanley Dyer Charles 1969 France, G.-B., USA 100
Escalier C Escalier C Tacchella Jean-Charles Tacchella Jean-Charles , Murail Elvire 1985 France 142
Escalier Interdit
§. Affectée au lycée Calvin Coolidge, Sylvia Barrett vit très mal ses débuts de jeune enseignante. (Lire la suite : [1]) (Pitch du film.)
Up the Down Staircase Mulligan Robert Kaufman Bel, Mosel Tad 1967 USA 123
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Autres titres de films

Titre Titre original Réalisation Scénario Année Pays Durée (min.)
A travers le Miroir Såsom i en spegel Bergman Ingmar Bergman Ingmar 1961 Suède 89
Andreï Roublev Andreï Rublyov Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Konchalovsky A.
1969 URSS 215
Avion (L’) Avion (L’) Kahn Cedric Ferroukhi I., Kahn C., Lapière D., Marchand G., Valburne R., d’après la bande dessinée Charly de Lapière D. et Seron M. 2005 France 100
Autant en emporte le vent Gone with the Wind Fleming Victor,

Wood Sam,

Cukor George
Howard Sidney 1939 USA 224
Breughel, le Moulin et la Croix

§. 1564, alors que les Flandres subissent l’occupation brutale des Espagnols, (Lire la suite : [2] (Pitch du film.)

§. Escalier vers la 8ème minute.
Mill and the Cross (The) Majewski Lech Gibson Michael Francis, Majewski Lech 2011 Pologne, Suède 96
Bright Star

§. La romance passionnée au XIXème siècle, à la fin de la vie du poète anglais John Keats (1795-1821) et de Fanny Brawne.

§. Vers la 103’, la crise de Fanny sur un escalier.
Bright Star Campion Jane Campion Jane 2010 Angleterre, Australie, France, USA 120
Corbeau (Le)
§. Le docteur Germain, qui travaille dans une petite ville de province, reçoit des lettres anonymes signées Le Corbeau l'accusant de plusieurs méfaits. (Lire la suite : [3]) (Pitch du film.)
Corbeau (Le) Clouzot Henri-Georges Chavance Louis 1943 France 92
Cuirassé Potemkine (Le)

§. Un épisode de la Révolution russe de 1905 : l’équipage d’un cuirassé, brimé par ses officiers, se mutine et prend le contrôle du navire. (Lire la suite : [4]) (Pitch du film.)

§. Le célèbre et monumental escalier d'Odessa
Броненосец Потёмкин Eisenstein Sergueï Agadzhanova Nina, Aseyev Nikolaï, Eisenstein Sergueï 1925 URSS 80
Dernier Combat (Le)

Last Battle (The)

§. L'escalier en béton cassé en deux
Dernier Combat (Le) Besson Luc (1er L.M.) Besson Luc, Jolivet Pierre 1983 France 92
Grand McLintock (Le) McLintock ! McLaglen Andrew V. Grant J. E. 1963 USA 127
Incorruptibles

§. Dans les années trente, à Chicago, d’intègres agents du FBI tentent de mettre sous les verrous des trafiquants d’alcool qui appartient à la mafia. (Pitch du film.)

§. L’arrestation du comptable d’Al Capone en descendant l’escalier monumental de la gare de Chicago. La scène est précédée par un berceau qui dégringole l’escalier, clin d’oeil au film d’Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine.
Untouchables (The) Palma Brian de Mamet David 1987 USA 115
J.F. partagerait appartement
§. Après une rupture avec son petit ami, Allison Jones décide de partager son appartement avec une autre jeune fille. (Lire la suite : [5]) (Pitch du film.)
Single White Female Schroeder Barbet Roos Don 1992 USA 107
M.le Maudit
§. Toute la presse ne parle que de ça : le maniaque tueur d’enfants, qui terrorise la ville depuis quelques temps, vient de faire une nouvelle victime. (Lire la suite : [6]) (Pitch du film.)
M – Eine Stadt sucht einen Mörder Lang Fritz Falkenberg Paul, Harbou Thea von, Lang Fritz, Jansen Adolf 1931 Allemagne 117
Mille Millièmes Fantaisie Immobilière
§. L'assemblée annuelle des copropriétaires est la scène où se dénouent les drames dont un immeuble est le vivier. (Lire la suite : [7]) (Pitch du film.)
Mille Millièmes Fantaisie Immobilière Waterhouse Rémi Vicaut Eric, Waterhouse Rémi 2002 France 87
Nostalghia Nostalghia Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Guerra T.
1983 URSS
Italie
130
Pays de la Violence (Le) I walk the Line Frankenheimer John Sargent Alvin, d’après la nouvelle de Jones Madison 1970 USA 97
Reflets dans un Œil d'or

§. Dans un fort de Géorgie, le major Penderton ne s'intéresse plus depuis longtemps à sa femme, qui a pour amant le colonel Langdon. (Lire la suite : [8]) (Pitch du film.)

§. Un employé qui tombe de l’escalier
Reflections in a Golden Eye Huston John Hill Gladys, Mortimer Chapman, adapté du roman éponyme de McCullers Carson 1967 USA 108
Révoltés du Bounty (Les) Mutiny on the Bounty Milestone Lewis Reed Carol 1962 USA 178
Rusty James
§. Rusty James est-il le digne héritier de son frère "Motorcycle Boy", roi déchu qui régnait sur la ville de Tulsa ? (Lire la suite : [9]) (Pitch du film.)
Rumble Fish Coppola Francis Ford Coppola Francis Ford, Hinton S. E. 1983 USA 94
Stalker
§. Φω. Plans : 15 - 36 - 69d - 138
Stalker Tarkovski Andreï Tarkovski A.
Strougatski A. et B.
1979 URSS 161
Tramway nommé Désir
§. Après une longue séparation, Blanche Dubois vient rejoindre sa soeur, Stella, à La Nouvelle-Orléans. (Lire la suite : [10]) (Pitch du film.)
A Streetcar Named Desire Kazan Elia Saul Oscar adaptation de la pièce de Tennessee Williams 1951 USA 122
Travail au noir Moonlighting Skolimowski Jerzy Skolimowski Jerzy 1982 Angleterre 97
Visiteur (Le)
§. Φω. Plans : 4 - 476
Muukalainen Valkeapää Jukka-Pekka Forsström J.
Valkeapää J.-P.
2008 Finlande

Angleterre

Allemagne
139
Viridiana Viridiana Buñuel Luis Buñuel Luis
Alejandro J.
1961 Mexique
Espagne
90



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Photogrammes extraits des films - Analyse et liens spécifiques des films

A Travers le Miroir, d’Ingmar Bergman

Photogramme - Escalier 1 : A Travers le Miroir, Plan 175.  La crise de Karen.
Photogramme - Escalier 1 : A Travers le Miroir, Plan 175. La crise de Karen.

La crise de Karen éclate au bas de l'escalier, son père et son mari tentent de la tenir, pour lui faire une piqûre.



Photogramme - Escalier 2 : A Travers le Miroir, Plan 177. Karen : - J’ai vu Dieu. Le modèle réduit d'un bateau accroché au plafond n'est-il pas troublant.


Redevenu calme, Karen dit à Minos :
_ "J'ai eu peur, la porte s'ouvrit, le Dieu qui apparût, était une araignée. (…) Elle grimpa sur moi et voulut me pénétrer… J'ai vu Dieu." Au fond de l'image nous distinguons le modèle réduit d'un bateau accroché au plafond.




*


Liens spécifiques du film

Voir :


Lait sur mer (plan 19) → doigt blessé (26) → [mains du père écartés en croix (32)] → [œil ouvert de Karen (59)] → [manteau 1 et 2 (62, 70)] → danse de Karen (plans 73a-d) → [tête en bas, Minos (92)] → main-œil Karen cherchant un cahier (94) → crachat Minos (111) → [cheveux de Minos tirés par K. (127)] → l'épave (plan 132) → escalier 1 et 2 (175 - 177)


[Les plans entre crochet ne sont pas inclus dans le Dictionnaire.]


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L'escalier dans Andreï Roublev, d’Andreï Tarkovski

Au IVe épisode

§. Une femme nue qui s'amuse à sauter à travers la fumée d'un petit feu, situé au bas d'un escalier.

*

Au VIe épisode

Photogramme - Escalier 3. : Andreï Roublev, Plan 232.  Le cheval sur l’escalier.
Photogramme - Escalier 3. : Andreï Roublev, Plan 232. Le cheval sur l’escalier.

Le cheval noir sur l’escalier (plans 232-233). (Cf. Photogramme – Escalier 3.)

L'escalier, [11] est une figure qu'on aperçoit souvent dans les films. Lieu de passage obligé, espace en suite de degrés, espace en arêtes, en dents de scie volumétrique. Il propose une certaine signification : (…) "Symbole ascensionnel classique. (…) Il participe de la symbolique de l'axe du monde, de la verticalité et de la spirale. (…) Comme tous les symboles de ce type, l'escalier revêt un aspect négatif : la descente, la chute, le retour au terre à terre et même au monde souterrain. Car l'escalier relie les trois mondes cosmiques et se prête aussi bien à la régression qu'à l'ascension ; c'est tout le drame de la verticalité qu'il résume." [12] A la lumière de ce que nous venons de dire, nous obtenons l'équation suivante : le cheval noir / la foule tombe de l'escalier / axe du monde. Ainsi, le Tatar ne transperce pas uniquement le cheval, il traverse l'ensemble de l'équation. En fait, il croise sa lance dans l'axe du monde. Le centre du croisement est situé dans le cœur de l'animal, qui est, par développement et prolongation par rapport aux plans suivant, le cœur de l'église. Au :

Plan 240-57-7 [13]: 1h 47' 37" : La muette est emmenée sur le dos d'un envahisseur à un étage supérieur. Roublev monte à son tour. Nous entendons un coup violent. Un casque dégringole le long de l'escalier. Cette image complète la figure de l'escalier du plan 233. C'est en haut de l'escalier que Roublev commettra un homicide pour délivrer la muette d'un viol certain, de plus, cet homicide est commis à l'intérieur d'une église. Est-ce que Roublev devient un ange exterminateur ? En effet, il monte l'escalier d'un trait, deux marches à la fois, sans aucune hésitation. Le casque qui dégringole est une représentation de la tête fracassée de l'envahisseur. L'image s'arrête un instant sur le casque au sol.


*

Liens spécifiques du film

Voir : Andreï Roublev



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Nostalghia, d’Andreï Tarkovski

L’escalier de « La Maison de la fin du monde »

C'est la séquence de la libération de "la maison de la fin du monde"de la famille du "Fou" par les gendarmes. Elle se déroule de la manière suivante : la femme du "Fou", tenant son enfant, sort enfin de la maison. Ils descendent un escalier (plan 61). Plan rapproché de Zoé, la chienne (plan 62). Les gendarmes empêchent les gens de s'approcher de la maison (plan 63). C'est au tour du Fou de descendre tristement les escaliers (plan 64).

Plan 65 : 1h 00' 13" : (8ème flash-back, en noir et blanc.) La femme du "Fou" se jette aux pieds d'un gendarme. Près des pieds du gendarme, une bouteille de lait tombe, et le lait se répand dans la rue.

Photogramme - Escalier 4. : Nostalghia, Plan 66c.  Le père et le fils descendent l'escalier de l'église.
Photogramme - Escalier 4. : Nostalghia, Plan 66c. Le père et le fils descendent l'escalier de l'église.

Plan 66 : 1h 00' 22" : La mère s'agenouille devant le gendarme. Le père poursuit son petit enfant le long du perron de l'église : l'action commence en fait par la montée de quelques marches d'escalier. (66a) L'enfant court non pas directement sur le perron de l'église, mais le long d'une marche d'escalier. Enfin, le père et le fils descendent l'escalier opposé. [14] (Cf. Photogramme – Escalier 4.)


L'image du père qui poursuit son enfant, semble suggérer "la poursuite de l'enfance", de l'innocence, de la pureté, comme l'évoque d'ailleurs la blancheur du lait , et cela malgré la brièveté des plans en flash-back, (moins de 2 minutes) qui s'oppose à la longueur de "la maison du fin du monde" (presque 20 minutes). C'est grâce à une technique remarquable dans le rendu d'un souvenir douloureux, que le réalisateur présente l'absurdité du "Fou" ; celui ci a emprisonné sa famille pendant sept ans. Cette technique s'appuie essentiellement sur deux figures : le lait et l'escalier. Cette dernière figure est récurrente dans les plans en flash-back. En effet, les plans nous montrent les protagonistes qui descendent quelques marches d'escalier, jusqu'au plan 66. Le plan 66 est en somme une synthèse de "la maison de la fin du monde". Une courte ascension, un long plateau et une descente. Ici se dessine une courbe "visuelle" de l'état psychologique du Fou. [15]

Plan 67 : 1h 01' 04" : Une petite note d'espoir émerge de ces flots de souvenirs : passage du noir et blanc en couleur. La voiture de la Traductrice qui descend le flanc d'une colline. En voix-off, nous entendons l'enfant qui dit à son père : "papa, c'est ça la fin du monde ?" Transition avec le plan suivant, en couleur, de la petite fille qui regarde son père, espérant une réponse. C'est peut-être ici qu'éclate l'absurdité du "Fou" : avoir persuadé ses enfants de sa sinistre obsession, ou encore, rendre l'enfant témoin de sa névrose.


*

Passages et messages

Photogramme - Escalier 5. : Nostalghia, Plan 103b. La disposition particulière des gens sur l'escalier monumentale : est – ce  une suggestion d'une "diagonale des fous" ?
Photogramme - Escalier 5. : Nostalghia, Plan 103b. La disposition particulière des gens sur l'escalier monumentale : est – ce une suggestion d'une "diagonale des fous" ?

Plan 103 : 1h 38' 18" : Rome. Dans une place publique, nous entendons d'abord, en voix-off, le "Fou" discourir. L'auditoire est peu nombreux, les gens sont éparpillés, les uns sont loin des autres. Plan général d'un escalier monumental, les gens sont disposés en diagonale. (Cf. Photogramme – Escalier 5.)


Il y a ici une suggestion de "la diagonale des fous". "Le Fou" se tient en hauteur sur un échafaudage qui est destiné à la rénovation d'une statue équestre monumentale représentant Marc Aurèle. Il se tient comme le conducteur de cette foule hétéroclite. Après un long discours, il jette des feuilles de papier (plan 104).(Voir : Bougie.)

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Liens Spécifiques du film

Voir : Nostalghia


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Pays de la Violence (Le), de Frankenheimer John

Le contexte

Pour subvenir à sa famille, Carl McCain (Ralph Meeker) doit distiller de l'alcool clandestinement. Il n'a pas le choix : « Si on perd ce qu’on a… Si on nous prend notre distillerie, on aura plus rien. On vaudra pas plus que des Nègres.  » Il utilise donc une stratégie inqualifiable afin que le Shérif Tawes (Gregory Peck) ferme les yeux sur cette activité illégale, il lui « offre » sa fille, la jeune et belle Alma McCain (Tuesday Weld). C'est la séquence du tribunal.

*


L'escalier dans la maison abandonnée – Le shérif veut enlever Alma

  I walk  the line  de Frankenheimer John.   Photogramme - Escalier 6. Alma trouve enfin le shérif, assis au milieu d'un escalier.
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 6. Alma trouve enfin le shérif, assis au milieu d'un escalier.

  I walk  the line  de Frankenheimer John.   Photogramme - Escalier 7. Plan moyen du shérif assis sur l'escalier; Notez au niveau de sa tête un barreau cassée de la rampe. Est-ce l'ouverture vers ce qui semble une cassure intérieure ?
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 7. Plan moyen du shérif assis sur l'escalier; Notez au niveau de sa tête un barreau cassée de la rampe. Est-ce l'ouverture vers ce qui semble une cassure intérieure ?


Elle entre par une autre porte dans la maison, et tout à coup, elle est effrayé de voir le shérif assit sur l'escalier. (Cf. Photogramme - Escalier 6. 54' 52")

Le cadrage est d'une grande qualité.

En contre-champ, le shérif regarde Alma, silencieusement. Alma, pensant que c'était la suite du jeu de cache-cache lui dit : «  Tu m'as foutu la frousse. Tu es vraiment terrible, tu le sais ? (Le shérif ne répond pas, se contentant de la regarder.) (Cf. Photogramme - Escalier 7. 54' 55")Qu'y-a-t-il ?
- Partons ensemble, Alma.
- Hum
- Partons ensemble. (Cf. Photogramme - Escalier 8. 55' 16")
- (En souriant, comme si c'était, aussi, un jeu..) D'accord. Où veux-tu aller ? (Cf. Photogramme - Escalier 8. 55' 20")
- Où tu veux.
- Chicago.
- D'accord.
- En avion car je l'ai jamais pris.
-(Le shérif est subitement, très enthousiaste, car il pensait qu'elle disait vrai.) En avion.
- Tout ce que je pourrais ramener de Chicago...
- On ne reviendra pas.
- J'ai jamais dépassé Knoxville. Et c'est pas demain la veille. Mon oncle de Waco, dans le Texas, est venu nous rendre visite. Il m'a invitée, mais j'ai plus de nouvelles.
-(Le shérif s'extasie de plus en plus.) On va ller plus loin que Waco... On va eller en Californie et au Canada.
- En Californie. (Il la scrute attentivement, pour voir si elle accepte.) (Cf. Photogramme - Escalier 10. 55' 53")
- (Alma remarque que le shérif ne plaisantait pas, qu'il est trés ému.) Tu est un homme bon.» (Elle lui tend la main, il la prend.) (Cf. Photogramme - Escalier 11. 56' 05")


Cut.

  I walk  the line  de Frankenheimer John.    Photogramme - Escalier 8. Gros plan du shérif qui demande à Alma de partir avec lui.
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 8. Gros plan du shérif qui demande à Alma de partir avec lui.

  I walk  the line  de Frankenheimer John.  Photogramme - Escalier 9. Alma qui considère la proposition du shérif comme un jeu. L'expression de son visage témoigne de son incrédulité, ce qui n'était pas le cas du shérif.
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 9. Alma qui considère la proposition du shérif comme un jeu. L'expression de son visage témoigne de son incrédulité, ce qui n'était pas le cas du shérif.

  I walk  the line  de Frankenheimer John.  Photogramme - Escalier 10. La transformation du shérif quand Alma lui annonce qu'elle accepte de partir avec lui.
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 10. La transformation du shérif quand Alma lui annonce qu'elle accepte de partir avec lui.

  I walk  the line  de Frankenheimer John.  Photogramme - Escalier 11. Heureux, le shérif prend la main d'Alma.
Pays de la Violence (Le), I walk the line de Frankenheimer John. Photogramme - Escalier 11. Heureux, le shérif prend la main d'Alma.


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Viridiana de Luis Buñuel

Résumé du film

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Le contexte

Viridiana se plie au caprice de Don Jaime, elle accepte d'endosser les habits de mariée de feue Dona Elvira. Au cours de la fuasse cérémonie, elle apprend par Ramona, la domestique et mère de Rita que Don Jaime souhaite l'épouser. Choquée, Viridiana décide de cesser le “jeu”, mais Don Jaime avait des suites dans les idées, il va l'endormir avec un somnifère dans son café. C'est à ce moment là que nous apercevons Rita.

* * *

13ème chapitre : 0h 21’ 20’’ – 0h 25’ 25’’ : Plans 47 - 57. Don Jaime « s’offre » Viridiana – Rita « s’offre » un spectacle inattendu

Plan 47. 0h 21' 20" : Ramona pose sa tasse. Don Jaime, près d’elle lui tend la sienne. Ils se regardent en silence. La musique s’est tue. Don Jaime s’approche du phonographe et met un autre morceau : le Cum Sanctis tuis du Requiem de Mozart. Viridiana est assise, elle tient à la main sa tasse vide.

Plan 48. 0h 21' 45" : Gros plan de la main droite de Viridiana tenant la tasse et la soucoupe. Mais ses doigts laissent échapper ce qu’ils tiennent. Don Jaime est derrière elle. Il observe ses réactions. Il regarde Ramona et dit à Viridiana : « Tu sembles très fatiguée. Il vaudrait peut-être mieux que tu ailles te coucher.  » Aucune réponse. La tête de Viridiana s’incline sur une de ses épaules. Il la secoue doucement : « Viridiana ! Viridiana !  »

 Viridiana de Luis Buñuel.     Photogramme - Plan 49. Au fond du couloir apparaît Rita qui monte l’escalier.
Viridiana de Luis Buñuel. Photogramme - Plan 49.
Au fond du couloir apparaît Rita qui monte l’escalier.
  • Photogramme – Plan 49.  0h 21' 55" : Au fond du couloir apparaît Rita qui monte l’escalier. Elle avance prudemment dans le couloir en direction du salon, d’où parviennent des voix  : «

- Don Jaime : Aide-moi ! Prends la par les jambes…
- Ramona : Soulevez-la un peu plus, monsieur… (On entend le bruit d’une chaise qui tombe.)
- Don Jaime : Ne me juge pas mal, Ramona. Je veux seulement l’avoir près de moi.  »

Rita court se cacher derrière la rampe. Elle observe craintivement la scène. Du salon arrivent Don Jaime et sa mère soutenant le corps inerte de Viridiana. Ils se dirigent vers la chambre de Dona Elvira, où ils entrent. Rita sort de sa cachette. Elle voudrait en voir davantage, mais elle craint d’être surprise, elle se met à descendre les escaliers.

*


Plan 51. 0h 23' 29" : Rita se dirige vers le grand arbre de la terrasse, en regardant de temps en temps la fenêtre faiblement éclairée de la chambre de Dona Elvira. Après un moment d’hésitation elle se met à grimper à l’arbre. On entend les aboiements d’un chien.

Plan 52. 0h 23' 42" : Don Jaime est assis au bord du lit. Il se relève. Il passe et repasse devant le corps inerte de Viridiana. Il s’arrête un instant et va s’asseoir à nouveau sur le lit. Terriblement ému, il commence par caresser les cheveux et le front de Viridiana. Il passe un bras derrière elle et la soulève légèrement. Il approche son visage et joint ses lèvres aux siennes, dans un baiser doux et prolongé.

*
  • Cf. Photogramme 48 – Plan 53   0h 24' 18" : Rita termine l'ascension de l'arbre et accède à la fenêtre, elle assiste à travers la vitre à la débauche de Don Jaime.
  • Cf. Photogramme 49 – Plan 54.   0h 24' 20" : Don Jaime commence, avec frénésie, à déboutonner la robe de mariée de Viridiana, il écarte les deux parties laissant apercevoir sa poitrine, il plonge aussitôt la tête pour l'embrasser voluptueusement. Ensuite, pris de remords, devant ce corps qui s'offre à lui, mais ne réagit pas. Il referme la robe, et se relève du lit avec un air de dégoût.

Plan 55. 0h 24' 46" : Rita qui a assisté à toute la scène, ferme les yeux avec un air triste et malheureux, se retourne vivement et s'en va.

Plan 56. 0h 24' 48" : Don Jaime est debout, mesurant peut-être, l'étendue de son dégoût. Il saisit la chandelle et sort de la chambre avec précipitation.

Plan 57. 0h 25' 02" : Rita finit par redescendre de “l'arbre des malheurs” en chemise de nuit. Mais sa mère l'attendait au pied de l'arbre : « Que fais-tu ici ?
- Rita  (En chuchotant.) : Don Jaime l'a embrassée.
- Ramona : Ben oui, elle est sa nièce. Moi, je t'embrasse bien. (Elle lui couvre les épaules avec une couverture.) Tu devrais être au lit.
- Rita : J'ai vu un taureau.
- Ramona : Tais-toi ! Viens, je vais te coucher. »

* * *


La présence de Rita : est- ce un rêve ou la réalité ?

Jusqu’ici, on peut dire que le film est encore « convenable », il ne heurte pas les mœurs, ou la sensibilité des spectateurs, hormis les plans de voyeurisme de Ramona (Cf. Photogramme 14 – Plan 8 ) et de sa fille (Cf. Plan 14 ). Mais à partir du plan 47, nous entrons dans un autre registre et on peut comprendre que les scènes ont dû subir la condamnation de la censure...

Ce qui est troublant, c’est que non seulement nous assistons directement à une scène d’inceste, entre un oncle et sa nièce, certes Viridiana n’est pas consentante, mais « le taureau noir » trouve une solution pour arriver à ses fins. Il faut aussi ajouter que chez Buñuel il y a souvent un « plus » (c’est ce qui fait que son cinéma a une richesse inépuisable), et ici, le « plus » c’est la petite Rita qui regarde la scène à travers la fenêtre de la chambre. C’est donc ce « plus » qui est encore plus choquant. Et la question qui se pose, c’est celle de savoir pourquoi il y a l’introduction de la petite Rita qui regarde l’intimité de cette scène. Une autre question se pose, une question pratique, comment une petite fille peut grimper sur un arbre en pleine nuit ? Certes c’est une « sauvageonne », mais tout de même, il faut être terriblement curieux pour effectuer un exercice qui est relativement dangereux et qui n’est pas à la portée de tout le monde.

A travers nos questionnements, ne peut-on pas déduire que le montage alterné qui présente d’une part Don Jaime et d’autre part Rita, n’est pas continu chronologiquement ? C’est-à-dire qu’ils n’appartiennent pas au même temps diégètique. Ils sont dans deux registres différents, deux mondes différents : le premier appartient à la réalité, mais le second, n’appartient-il pas au monde du rêve ? Et c’est pour cette raison que Rita a des facilités, comme souvent dans les rêves, à accéder a des endroits inaccessibles.

Ainsi, le plan expressionniste 49, celui de Rita qui monte l’escalier et qui se cache derrière la rampe, ne peut-on pas dire qu’il s’agit de la première partie du rêve ? L’enfant veut savoir ce que les adultes font, mais elle se trouve devant un obstacle, elle risque d’être aperçue, elle change d’avis et finit par grimper à un arbre. Nous avons de la sorte deux symboles majeurs d’ascension : L’escalier et l’arbre. S’agit-il de “l’arbre de la connaissance” ? Et de quelle connaissance ?




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Voir aussi


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Notes et références

  1. En effet, les élèves sont rebelles, les professeurs sont acariâtres et l’administration est incompétente. Perdue dans ce fouillis, Sylvia ne sait plus où donner de la tête et songe même à abandonner l’enseignement. Pourtant un de ses élèves la retient à temps, persuadé que elle est la seule à être capable de changer le système scolaire.
  2. Pieter Bruegel l’Ancien, achève son chef d’œuvre "Le Portement de la croix", où derrière la Passion du Christ, on peut lire la chronique tourmentée d’un pays en plein chaos. Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau et suit le parcours d’une douzaine de personnages au temps des guerres de religions.
  3. Cependant il n'est pas le seul à en recevoir. Toute la ville est bientôt menacée et le fragile équilibre se défait, la suspicion règne. Le docteur Germain décide de mener une enquête.
  4. Arrivés à Odessa, les marins sympathisent avec les habitants qui se font brutalement réprimer par l’armée tsariste.
  5. Elle trouve la compagne idéale en la personne d'Hedra Carlson, jeune fille modeste et réservée. Mais au fur et à mesure de leur cohabitation, Hedra se permet de plus en plus de choses. Lui emprunter ses vêtements, par exemple. Ou son petit ami. Et accessoirement, sa vie...
  6. Chargé de l’enquête, le commissaire Lohmann multiplie les rafles dans les bas-fonds. Gênée par toute cette agitation la pègre décide de retrouver elle-même le criminel : elle charge les mendiants et les clochards de surveiller chaque coin de rue.
  7. L'enjeu dépasse largement la simple "bonne gestion" tant le bâtiment qui abrite les passions en est imprégné. Sous la houlette de Jean-Louis, syndic roublard et dépressif, s'affrontent les copropriétaires du 28 rue des Oursins. Un premier clivage les sépare : habitants de l'immeuble ou simples détenteurs d'un titre. Puis les lignes de partage épousent les intérêts des uns et des autres, que viennent encore brouiller les différences d'âges, d'origines, d'affinités.
  8. Un jeune soldat, William, va venir perturber un peu plus cet univers trouble. Le major va se sentir irrésistiblement attiré par William, tandis que celui-ci tentera de séduire Leonora.
  9. Les exploits de son aîné ornent encore les murs de la ville et Rusty aimerait bien prendre sa place. Mais ses rêves de puissance et de gloire affrontent difficilement la réalité.
  10. Celle-ci vit avec son mari, Stanley, ouvrier d'origine polonaise, dans le vieux quartier français. Ce dernier n'apprécie guère les manières distinguées de Blanche et cherche à savoir quel a été le véritable passé de sa belle-soeur.
  11. Cf. J. Mitry, tome 1, Les escaliers permettaient une (...) "symbolique de l'espace", "Les escaliers, éléments essentiels des structures architecturales de Gordon Graig, (…) On devait les retrouver plus tard (…) dans les mises en scène monumentale de Fritz Lang." op. cit., p. 224-225 ; L'escalier d'Odessa dans le Cuirassé Potemkine, de Serge Eisenstein, pp. 377, 379. G. Deleuze, l'escalier d'Odessa, tome 1, op. cit., p. 52. R. Dadoun, L'escalier dans The servant, de Joseph Losey, op. cit., p. 102. Odile Bâchler, "En Prenant l'escalier", in Cinéma et architecture, Iris N° 12, Editions Méridiens Klincksieck, 1991. pp. 85-94.
  12. Chevalier/Gherrbrant, Dictionnaire des Symboles, op. cit., pp. 413, 414. Cf. également, G. Durand, op. cit., pp. 140 et 279.
  13. Le premier chiffre correspond aux plans du film depuis le début du film, le second chiffre aux plans du film depuis le début de l'épisode et le troisième chiffre aux plans depuis le début d’une partie.
  14. Il faut noter du point de vue "topologique" la ressemblance de ce plan avec le 1er plan du prologue.
  15. Il en est de même dans le prologue.


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Résumé de la cinémancie

Introduction à la cinémancie